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Il doit alors y
avoir du désespoir chez nos décideurs patentés,
de l'horreur devant l'étendue de cette création toujours
recommencée, de la fuite devant l'évidente existence des
êtres et des oeuvres, de la colère devant l'impuissance
à voir, à comprendre, à aider, à payer,
à estimer, a jouir... La voie de Bignolais,
celle du banni commun, est de rentrer au pays interdit, de revenir sur
le terrain du meurtre de la « personne ». Et dans cette
période fracassante les petites figures vont s'évaser.
Des portraits grimaçants Gérard Bignolais passe aux grands
corps allongés, les Gisants, et le cuivre s'étale et le
gong scande la multitude, et les prénoms des oubliés résonnent
et sont frappés en pleines lettres tout autour du gisant «
anti-Adam, riche de tous les sangs »: Des figures plâtrées redoublent les faces de métal: les cuivres repoussés sont appliqués sur le plâtre moulant. Echange de poids et de peau, les corps sombre rouge d'airain deviennent pâles, vidés de sang, blancs de la mort, mais avec dessus des signes peints. Puis les corps blancs sont redressés en stèles appuyées verticalement. Bignolais multiplie un moulage pour en faire un lieu envoûtant, une pièce habitée, prélude aux environnements futurs. Des dalles courent au sol, elles aussi moulées sur des reliefs de cuivre, sol d'où émergent différents ossements.
Et du plâtre
le sculpteur passe à la pierre moulée. Remarquez combien
le ciseau du sculpteur est retenu en haleine, interprété
à distance quand on passe du métal repoussé (et
il en faut des instruments percutants et contondants pour former quelques
traces dans cette matière cinglante !) au plâtre, puis
à la pierre autre signal de la sculpture classique... For-ça,
for-je, for-me, for-te, dam-né, da-me, da-te, da-les, les coups
sont frappés, les coups s'entendent, les goûts s'étendent,
et le battement n'aura plus de cesse. Des traces de talons, des pas entierssi ce n'est des chaussures entières en pierreaccompagnent les ossements moulés disposés en plaques au sol (Esplanade de la Défense, Espace Cardin...): dalles témoins de l'existence des morts retournés à coup de bulldozers par la spéculation immobilière. Jamais Gérard Bignolais n'apparaîtra plus tourné vers les séminateurs de notre histoire, les ancêtres oubliés diffus dans notre banal humus. Et pourtant c'est un fameux vivant, Franco, usurpateur de la nation espagnole, dont l'agonie prolongéeselon l'immortalité autocratique révulse toute l'Europe, qui va donner naissance a une nouvelle stratégie sculpturale.
Elles sont venues s'encastrer dans un Salon fait de collectifs engagés, la Jeune Peinture, et par un collectif justement intitulé Civilisation Exister, (2) cette uvre et cette méthode de relèvement d'un terrain autrement labouré et planté: espace des horreurs verticales enfouies telles la mort et la dictature, mais espace horizontal de discours avec des termes divers: plante verte et cercueil, matériel clinique et voix enregistrées à la radio. C'est le disjoint qui entre en scène, le fragmentaire et l'hétérogène, le différent et les différends que l'on accumule avec cette société de misères. Aussi l'étal de boucherie qui succède à la Mort de Franco, pour ce même Salon de la Jeune Peinture, en 1977, mettra en valeur la dégradation de notre intégrité sous le titre Arc de Triomphe, morceaux de viande humaine étiquetés pour la gloire d'un Empire caduque: Marengo 18 000 morts, Bérésina 65 000 morts... arbitraire ici guerrier, bientôt arbitraire des lois et des structures sociales. La Mort de Franco est bien l'étalon de cet étal et des environnements qui désormais jalonneront la carrière du sculpteur. Qu'on se garde de voir dans les disruptions agressives de notre art, les articulations du fragmentaire et du vide, les montages de sens et les additions de matière, une «décadence» culturelle ! ( 3 )
Les gifles aux
institutionnels du conformisme esthétique, les insultes aux normalisateurs
de la marchandise artistique, ne sont pas seulement les fruits de la
révolte compréhensible du peuple artiste, elles sortent
du travail et de la découverte de pratiques plus adaptées
au réel. « Cuivre repoussé, empreintes au plâtre de cuivre repoussés, modelages d'après corps humain, montages d'objets préfabriqués, photographies de montages, de moulages et de cuivres », note le linguiste Mondher Ben Milad en déclinant la diversité du travail du sculpteur, ces aspects techniques sont autant des angles d'attaque de la problématique de la mort, de la déchéance et de la misère humaine, qu'un inventaire des outils artistiques pour dessiner l'insaisissable, « un corpus valable pour tâtonner déjà à la recherche de ce qui peut en arts plastiques prétendre à un statut sémiologique ». (4) Corps révélateur de la condition humaine, corpus révélant de l'art. Mais les morceaux, ces parenthèses de nos présences, ces empreintes en creux de notre respiration qui s'imprime jusque dans l'ouverture des pores de notre peau, jusqu'aux bourrelets musculaires de nos chevilles et adipeux de nos fesses, ces marques des pulsions intimes et des gnons sociaux, qu'est-ce qui va les réunir ? La « boucherie napoléonienne » (5) n'aura donc jamais de fin ? Aux envolées idéologiques des membres d'une Jeune Peinture exaltée, aux réunions et débats et manifestes des collectifs constitués et changeants, aux actions revendicatrices d'artistes entraînés enfin à penser le dérisoire statut qu'on leur fait en même temps que l'exploitation la plus éhontée, répondent en ces années farouches 70-80 les décisions les plus rétrogrades de pouvoirs affolés, de petits-chefs déboussolés dans leur goût bourgeois.La vie de Bignolais témoigne alors des luttes complexes et virulentes qu'on retrouverait en d'autres biographies d'artistes et jusque dans le détail des uvres si on adoptait enfin les critères de lecture objective de l'art. 1978, Arc de Triomphe et Mort de Franco sont éjectées de la Galerie Ventadour (6). 1979, le gisant féminin au sein cancéreux est retiré au regard public sous prétexte de pornographie au Salon de la Jeune Sculpture (7) ; Jacques Guillot animateur du Centre Culturel de Villeparisis supprime de son programme l'exposition Bignolais prévue; la Galerie Orly-Sud cache frileusement en un lieu peu fréquenté les uvres du groupe Dissection auquel participe notre sculpteur (9) 1980, au Salon Formes Humaines le scandale éclate sur le prétexte du moulage: I'honoré académicien Louis Leygue reproche à Gérard Bignolais, la confusion entre un antique brisé et un corps réellement mutilé (10)
sans se douter
qu'il donne ainsi la preuve par neuf d'un art évocateur de la
souffrance à partir du signe de la mutilation ! Retour(s) du
refoulé, à interpréter les sens comme s'ils étaient
le réel l'Esthétique classique perd sa bataille. Et vous,
Monsieur LouisLeygue domicilié rue du Docteur Blanche, «
vous êtes pourtant l'auteur d'un monument au Prisonnier politique
inconnu ? A
qui vous adressiez-vous ? » ". Mais, « dépossédés des idées reçues sur un art heureux, nous accaparons le discours de l'art, remarquons par quelle nouvelle articulation. Usage de la coupure... nous retrouvons la faculté combinatoire »
Les Victimes civiles, gisants tronqués qui en 1978 succèdent aux ossements moulés et aux fragments de la boucherie napoléonienne, vont épandre leur « paroles », si mal reçue parfois, diversifiée en tout cas si l'on se réfère aux lieux explorés: toujours les Salonsdont certains nouveaux: Figuration Critique, Ecritures, Salon Eclaté..., mais aussi la Galerie de l'Université Paris-Sculpt qui montre un ensemble de travaux en pierre (13), les centres culturels de Montreuil, Salaumine, Lillers, Sarcelles, s'ouvrant à des regroupements collectifs sous les vocables clairs de «réalismes et imageries» , «figures du réel»..., et déjà un lieu désaffectécomme il s'en trouvera plusieurs dans les années qui suivent les abattoirs de Vaugirard (14). Ici l'écrivain épique attentif au destin de son personnage, et l'historiographe fidèle à la datation des poussées sociales, devraient être accompagnés d'un scientifique des formalisations pour ne rien manquer de l'aspect proliférant de l'uvre. Prolifération due sans aucun.doute aux accords et résonances que Bignolais trouve à ce moment dans les groupes d'artistes. Le projet Camping-casse atteste que les membres du groupe Dissection peuvent arriver à une maquette précise de leur désir d'une « pratique sociale réellement signifiante », leurs objets s'enchaînant de façon terrible et critique sur le lieu supposé d'un camping idyllique, selon la visée de « retourner les termes d'une problématique idéaliste ancrée dans la sublime illusion esthétique » (15). Projet effrayant et inacceptable aux yeux des animateurs culturels pressentis, mais dont l'esprit se retrouve dans le Monument au téléspectateur inconnu (16)qui, lui, se dressera en plein Salon(s) Ecritures - Figuration Critique. Suite de niches funéraires (enfeux) dont l'ouverture évoque la lucarne d'un poste de télévision, remplies des dénégations de l'utilisateur hypnotisé: maladie, mort, misère, folie...
Esprit sciant et décapant, affolant, qui pour ce « monument» inversé (« C'est le statut tragique et la posture singulière de ce sujet fantôme... ») autorise une lecture aussi incisive que lorsque Gérard Bignolais enferme des poulets plumés tués et un revolver dans des cages grillagées, évoquant ainsi le « suicide » de la bande à Baader dans les prisons allemandes (17); quand Gérard Bignolais expose « un lot (vendu au plus offrant, désinfecté) de chaussures et mallettes diverses ayant appartenu à des personnes décédées à l'hôpital et dont les frais de séjour n'ont pas été acquittés » (18) quand Bignolais illustre avec Michel Giroux l'absurdité des Présidentielles 81 («Ne pas élire mais lire d'abord »); (19) quand Bignolais
présente en avant d'un vaste tableau peint collectivement (une
réunion politique tenue dans un appartement) la sculpture d'une
femme nue alitée estropiée se masturbant (20)
. Laquelle
sculpture sera elle-même agressée, bâillonnée,
bras cassé, mégots fichés dans le sexe, comme s'il
n'en était jamais fini de ce va-et-vient entre la vérité
vue et le refus de voir la vérité. Mais il a été encore moins dit de l'évolution de la technique proprement sculpturale. Le passage des objets en plâtre, moulés sur les cuivres repoussés, aux objets de pierre recomposée, pris sur des corps vrais, confirme une opiniâtreté du créateur prévoyant plus solide, plus dense, et finalement plus près d'une perception de « I'autre » comme corps opaque, difficile à percer pour ce qu'il contient de mouvements intimes, de replis mémoriels, de jouissances secrètes, de non-dits créatifs... Or le déploiement de l'idée vers des arrangements spaciaux étranges, faits de lits d'hôpitaux et de valises abandonnées, chaussures désertées, seaux hygiéniques, forceps, télés, grillages, tubes, et bientôt de caisses de bois, annuaires téléphoniques, couveuse artificielle, trouve son parallélisme dans un regard de plus en plus focalisé sur le corps humain, sur les masses musculaires, sur les articulations, sur le visage, sur la peau. Comme si, de l'espace, il s'en découvrait aussi sur la surface polystructurée de l'humain, peau historiée par les contraintes et les désirs.
« Je propose
mon travail comme un repérage du réel, ou encore comme
un repérage qui veut donner accès à une certaine
réalité », déclare Gérard Bignolais
au débat Le Réalisme
en art qui a lieu au Salon de la Jeune Peinture en 1981, (21) ajoutant qu'une sculpture doit se lire « comme une peinture ou
un document », ni uvre totale sans fractures ni volume compact
sans niveaux différents de sens .
« Pas mal de gens sont suffisamment narcissiques pour adorer se faire manipuler au cours d'une séance à laquelle assistent, fascinés, certains de leurs proches, d'autres sont tentés par une exploration originale de leur corps, certains, enfin, tentent d'exorciser leur angoisse de la mort ». Si, « dans l'énorme majorité des cas, ce simulacre d'ensevelissement est source de jouissance profonde », d'autres sont pris d'angoisse et « sous la pression de l'émotion, ils envisagent parfois de faire exploser le moule » . (23) Un modèle
raconte: «et puis le plâtre chaud coulant
sur mes jambes, mon sexe, sur mon corps, je tremblais ne sachant plus
si cela était agréable ou terrifiant... Etait-ce cette
dépendance que je cherchais ?» . (24) Et maintenant le
film va tenter d'envelopper, de surplomber la théorie du plâtre
dedans-dehors, de montrer comment le modèle et le sculpteur s'affairent
de part et d'autre de l'empreinte (tandis que, un an plus tard, c'est
au fond de la mère que le témoin, I'enfant à naître,
se loge, à la Clinique des Eaux Claires de Grenoble). Film d'un
groupe de peintres cinéastes amateurs de réalisme, Derivery-Dupré-Perrot;
et puis film et sonorisation d'un second groupe, Michel Blitz-Jean-Noël
Aude, extravasant le volume de l'atelier jusqu'à la rue commerçante, jusqu'aux jardins des Tuileries (25) où Bignolais expose impromptu pour frapper les esprits sur la
difficulté d'exposer.
et Marc Delouze,
poète, voit dans les corps de Bignolais «matière
à déli-re / je cherche l'officiant de cet étrange
mobilier du corps cherchant» ; et Evelyne Artaud, philosophe,
repère que «quelque chose échappe à notre
pouvoir et au travail du regard unificateur de la raison qui ne reconnaît
plus ici la continuité et la transparence de l'acte de connaissance»
(24). Tandis que la Galerie Charley Chevalier accueille une accumulation
d'annuaires téléphoniques parmi lesquels les membres du
groupe BCG, avatar de Dissection, intercalent leurs objets « prenant
en charge l'ensemble des déterminations réglant notre
économie libidinale, à commencer par l'espace et le temps
socialisés », Michel Giroux (29).
Tandis que la Galerie Plume-Pinceau montre un corps
avec poitrine féminine et pénis masculin .«Gérard
Bignolais poursuit ses études pour une chimère socialiste...
La coupure devient caresse», Raymond Perrot (30)...Pourtant
la vague vient buter contre d'autres réalités. La folle
équipée à Grenoble, avec les prises d'empreinte
sur des femmes prêtes à accoucher («non
pour faire une copie mais pour établir une relation avec I'être
vivant, un dialogue, un échange» (31),
doit préciser le sculpteur), ne se termine pas sans heurts (il
faut cacher ce Malade en perfusion que certains médecins ne veulent
voir) ni sans atteinte physique pour Gérard Bignolais (semi-paralysie
des poignets et des mains). Et 1'«engagement budgétaire»
s'effondrera, qui sur un autre projet devait «donner une dimension
nouvelle à l'art dramatique» à partir d'un roman
de Pierre Bourgeade, New York Party; les sculpteurs de BCG, entre autres
metteurs en scène, avaient uvré pour rien.(32)
En même temps se précisent les déclarations qui font entrer le moulage dans une théorie du sculpteur se rapprochant des êtres et des choses pour les faire participer à l'objet créé. L' inanimé des valises et chaussures, des lits d'hôpitaux et des caisses en forme de sièges, de la pièce ou du local plus vaste, garde des empreintes de l'homme qui doivent revenir vers la sculpture tandis que, aussi subtilement, sera recueilli à fleur de corps le frémissement des désirs et des répulsions, de la dilatation orgasmique ou de la rétraction sous l'oppression. « Mon ambition est de mettre à jour les désirs du modèle » , mais ce n'est pas sans qu'apparaisse l'autre désir, celui du manipulateur de chairs; « J'ai besoin d'une attirance pour le corps de la personne avec qui je vais travailler » répond Gérard Bignolais quand, à la Consultation de gérontologie Sainte-Périne, on s'étonne d'une sculpture représentant une vieille femme. (35)
Et
voici de nouveaux acteurs qui pénètrent dans le champ
de la création: le spectateur fondateur à part entière
de l'esthétique de la sculpture, « c'est le regardeur et
son corps entier, pétri de la mémoire des affects et des
sensations, qui avance vers l'uvre et veut la traverser »
(36), et... Ie modèle
! Le sculpteur mettrait-il sa propre chair en jeu dans l'acte de création
s'il ne conviait pas celle de l'autre à y entrer ? « On
comprend qu'à partir d'un tel parti pris (...) des voies de recherche
s'ouvrent et puissent conduire jusqu'à des remises en cause de
la "place" du sculpteur. Par exemple: qui
est sculpté dans le rapport plasticien-modèle ? »
(37)
Il
explore alors l'univers du monument historique sur un projet de Mémoire
de la Résistance-Déportation (trois personnages en bronze
sur un bloc de béton brut: un homme mutilé couché,
un homme ou une femme faisant effort pour se lever, une jeune femme
enceinte assise) (42).Ou
disperse les figures dans un air traversé de filins ou d'échafaudages:
I'homme à la perfusion et le Pendu verticalement à 6 mètres
1'un de l'autre, quand la revue Plages déplace son « Espace
de création » aux Beaux-arts de Paris en juin 83; corps
sur les toits à la Maladrerie, quand les artistes des ateliers
d'Aubervilliers s'exposent en « Banlieus'arts » en mai 85;
ou le Pendu et Marie suspendus dans les communs du
Château de Nointel, quand le Prince Murat associe notre sculpteur
et le peintre Jean Rustin, pour « leur sens de la fragilité
de notre condition écartelée » en mars-mai 1985
(43). Ecartèlement
de l'écriture possible: épique, historique, poétique,
narrative transversale, scientifique, automatique, épistémologique...
Ecriture et sculptureont-elles des ressemblances dans leur manière
d'aborder leur objet ? Ecartèlement de la sculpture: matières,
sculpteur, dedans, dehors, modèles, espace, spectateurs... L'écriture et la sculpture peuvent se rejoindre: préface,
critique, article de journal (textes aussi balançant entre journalisme
et théorie (44), lettres, commentaires sur
un livre d'or... et titre de l'uvre. Une femme
sculptée enceinte lovée prend le titre Le Bai baiser de
Rodin quand elle rejoint d'autres uvres à Lille sur le
thème de 50 ans ou 100 ans en arrière (45).
Quels titres vont-elles prendre dans leur passage au cur d'une
imprimerie en activité, Autographe, ces sculptures dont personne
ne semble vouloir mais que personne ne peut pas ne pas voir ? Le tambour révolté
ne cesse de battre, le sang de l'art bouillonne, les uvres surgissent
exemplaires d'humanité implacable et leur sens balayent le champ
entier des attentes. « Le cri toujours sait préserver l'empreinte humaine », « Les sculptures touchent, révulsent, dérangent », « Morbides. La vie est déjà si triste », « A interdire aux moins de 13 ans » (signé: un pédiatre), « C'est con qu'il n'y ait pas de bites qui bandent », « Cela est torrible », « On dirait qu'elles vont s'animer », « L'hôpital pue la charogne », « La psychiatrie ça existe », « Dans les
malades y a un problème: elle a un zizi et des seins »
... membre de l'A.I.C.A
photographies de Gérard Bignolais. NOTES 1. Plaquette sortie à l'occasion de l'exposition Bignolais à la Galerie Vercamer, Paris 6e. Août 1975. 2. Collectif composé de Bellorget Bezanc,on, Bignolais, Chabot, Darmon, Dauty, Leray, Ouchacoff. Musée du Luxembourg, avril-mai, 1976. 3. Ce problème du discontinu interprété par la critique classique comme une décadence, sinon une disparition de l'art, est longuement évoqué dans « Le Salon de la Jeune Peinture, une histoire 1950-1983 », Francis Parent Raymond Perrot, 1983. 4. Cahiers de la Peinture, n¡ 59 novembre 1977, ˆ propos de 1'exposition G. Bignolais ˆ l'Espace 31, MJC d'lssy-les-Moulineaux. 5. « Arc de Triomphe » ou la Boucherie Napoléonienne participation au Collectif Civilisation-Exister, sur le thème des « Champs-Elysées »: Bellorget, Bezançon Chabot, Clément, Darmon, Dauty. Salon de la Jeune Peinture 1977, Musée du Luxembourg. 6. Cf. Pierre Benoît, « La mort de Franco dans un couloir de Paris » Libération 4-5 février 1978. Raymond Perrot, « Incontournable travail », Cahiers de la Peinture n° 64 février 1978. 7. Cf. « Censure au Salon de la Jeune Sculpture », J.-L. M., L'Humanité, 7 juin 1979. « Salon de la Jeune Sculpture », J.H., Télérama, 20 juin 1979. « Déplacée par suite de plaintes », France-Soir 8 juin 1979. « Vandalisme à l'Espace Cardin », Cahiers de la Peinture n° 89. 8. Lettre du 4 juin 1979 de G. Bignolais à Jacques Guillot. Lettre du 6 juillet 1979, après annulation « téléphonique » du projet: « Les valets de l'idéologie capitaliste, cette engeance incapable de lutter contre le chômage et contre toute forme de misères sociales et individuelles, ne bâclent pas leurs affrontements; ou alors, leur machinerie s'affole et ils censurent grossièrement. » 9. Cf. Lettre de Jacques Berthaut, responsable artistique de la Galerie Orly-Sud, en soutien au Groupe Dissection: « 11 est risqué, parfois d'apprendre sa maladie au malade. » Le Groupe était composé de: Bignolais, Carré, Céhes, Chabot, Clément, Giroux, Liesse, Merklen. Catalogue avec un manifeste daté de février 1979. 10. Cf. Lettre de Louis Leygue à G. Bignolais, 19 mars 1980: « Je vous en veux, Monsieur, non par jalousie de vos capacités de mouleur, mais parce que vous me forcez à prendre la position du Père noble (...) Avoir préféré l'astuce à la vraie difficulté, c'est prendre toutes les apparences du fraudeur toujours si sympathique... » 11. Réponse de G. Bignolais: « Vous n'empêcherez pas un homme d'être couché dans un lit (le fénéant!), mutilé des membres inférieurs (le pauvre !), avec un sexe comme ça (le salaud) et des bouteilles vides cachées sous son matelas (I'ivrogne!), et d'être prompt, tout comme moi, à vous faire un bras d'honneur. » Lettre du 21 juillet 1980. 12. Bulletin du Club Français de la médaille, publication de l'Hôtel des Monnaies, Paris: « Les forges d'un enfer mythologique rougeoient dans l'uvre de Gérard Bignolais, dont l'incandescence et l'envoûtement sont dédiées à la chair, maudite dans sa fleur... » Article non signé 13. Cf. « Ballade de la double articulation », R. Perrot, Catalogue de l'exposition G. Bignolais à la Galerie de l'Université Paris-Sculpt, Paris, janvier 1980. Articles de Libération, « Hôpital Silence », 23 janvier 1980; Evelyne Artaud dans Jardin des Arts, février 1980; Cahiers de la Peinture n° 96, janvier 1980. 14. Jean-Jacques Lévêque mentionne, dans un article à propos de l'installation du Salon de la Jeune Sculpture sur l'ancien site de la Halle aux Vins de Bercy: « (les artistes) ont planté des uvres qui, souvent, ne sont que l'appropriation de certains éléments du sol, détournés à des fins artistiques. Version française de ce que l'on a baptisé le "land art"... » Le Quotidien du médecin, n° 2207, juin 1980 15. Projet daté de novembre 1979, auquel ont participé les membres du groupe Dissection, Bignolais, Carré, Céhès, Chabot, Clément, Giroux, Liesse. 16. Cf. Catalogue Figuration-Critique 1980, Groupe Dissection. Juin-juillet 1980, rue du Louvre. Article de Jim Palette, Libération. 17. Salon de la Jeune Peinture 1978, Patinoire des Champs-Elysées: Collectif « 1968-1978: dix ans après ». 18. Salon de la Jeune Peinture 1980, rue du Louvre. 19. Salon de la Jeune Peinture 1981, rue du Louvre. Collectif Bignolais-Giroux: « La République vous appelle ». 20. Salon Jeune Peinture 1981. Peinture collective de: Bailly, Derivery, Dupré, Ferreira-Rocha, Perrot, Riedl. 21. Débat à l'initiative de Concha Benedito, Bailly, Bignolais, DDP (Derivery, Dupré, Perrot). Interventions de G. Bignolais, pp. 7 et 37. Publication du Salon de la Jeune Peinture, mai 1981. 22. Texte de présentation de Francis Parent pour les sculptures de G. Bignolais présentées à la 13e Biennale Internationale de Sculpture de Padoue, Italie. 23. Article publié dans la revue espagnole Actualité 1983. 24. Cf. Catalogue de « Une pratique: le moulage en sculpture », janvier-mars 1983, Maison des Arts André Malraux à Créteil, p.51, témoignage signé Dany Robert. Sculptures de Adzak, Bignolais, Boujon, César, Clément, Coppens, De Andréa, Giroux, Hanson, Kmentova, Knight, Krasno, Kudo, Malaval, Poynter, Segal, Szapocznikow, Van Leeuwen. 25. Intervention réalisée le 27 juin 1982. 26. Cf. carton d'invitation annonçant l'exposition pour la date du 23 au 31 octobre 1982, et portant en rouge la mention « Attention, exposition finalement annulée... » Texte de Evelyne Artaud: « Un lieu n'est jamais neutre et produit sens pour qui l'art n'est pas de démonstration mais de questionnement. » 27. « Suicides », dans le cadre de « Connection », programmation de diverses interventions de musique, danse, audiovisuel, installation de sculptures. Principaux responsables des lieux: Christine Caquot, Daniel Marque... Avril 1982. 28. 7e Salon de la sculpture de Fontenay-sous-Bois, mai-juin 1983 organisateur Michel Morange dans l'ancienne Usine des Parapluies vouée à la destruction. Participants: le Groupe BCG, Bignolais, Blondeau, Chabot, Clément Sigrid Feller-Steinhauer, Ghez, Giroux, Gutierrez, Kausch, Pokorny, Rivière, Santus. Livre édité à cette occasion: « Matière à dé-lire » de Marc Delouze, éd. Messidor-Temps Actuels. 29. Exposition en janvier 1983 participants: Bignolais, Chabot Clément, Giroux. Ce groupe a soudé sa formation en intervenant collectivement dans le n° 19 de la revue Plages, décembre 1982. L'objet revue « s'en trouve profondément bouleversée: gauffrage, poinçonnage, déchirure, masquage, froissage, désarticulation, oblitération, la secouent de fond en comble », G. Bignolais, Manifeste n°4, juillet 1985. 31. Cf. « Etonnantes sculptures à la Clinique Mutualiste », signé L.D. Le dauphiné-Libéré n° 12 029, 8 août 1983. 32. Cf. I'article de Pierre Ferey, « New York Party en préparation à Saint-Germain-des-Angles », Paris-Normandie, 15 novembre 1983. 33. Mis en train à partir du 16 mai 1981, ces Etats Généraux des Arts Plastiques eurent lieu à la Maison des Arts de Créteil le 21 novembre 1981. Un « Dossier des EGAP » parut en 1982, reprenant les travaux des différentes commissions. 34. Cf. Catalogue de « (I')Art au Lavoir », exposition en mai-juin 1984, Aubervilliers. Geneviève Bénamou, « Art et espaces d'installation: nouvelles fonctions de l'uvre ». R. Perrot, « Travail de l'art dans les lieux industriels délaissés ». Participants: Théa Bernard, Bignolais, Clément, Sigrid Feller-Steinhaner, Giroux, Gutierrez, Santus, Yamada, BCG, Le Système des Hasards (Grandeau, Juteau, Prat, Marie Roirant, Rozenbaum). 35. Cf. texte signé de Gérard Bignolais et Marie-Claude Léonard, paru dans Gérontologie et Société, cahiers n° 29. Republié dans la revue Manifeste n° 6, « Art et thérapie » novembre 1985. Intervention à ;a Consultation de Gérontologie de Sainte-Périne, Paris 16e, en mars 1984. 36. Gérard Bignolais, « Sculpture: la mesure du corps », Manifeste n° 10, mai 1986, pp. 18-21. 37. Gérard Bignolais, « Moulage en sculpture », Manifeste n° 8, janvier 1986, pp. 13-14. 38. Le drap recouvrant la « Femme masturbant son pénis masculin », destiné à être soulevé par le public, fut cousu sur ordre du comité d'organisation. Exposition réalisée par l'Association Figures du réel et la SNCF Paris-Est, mai 1984. 39. L'organisatrice, Marilyse de la Morandière, fit front à ces protestations et maintint les uvres choisies par G. Bignolais. Exposition au Centre Culturel, d'octobre à décembre 1984. 40. Exposition au FIAP, juin 1984. La « Femme avec une bouteille dans le vagin » et des diapositives montrant des bébés morts provoquèrent ces agressions du public. 41. Cf. l'article de Patrice Dubois dans Magazine Hebdo, « Le terme de sculpture serait-il destiné à désigner n'importe quoi ?... que deux sortes de production: des bidules et des moulages, à l'exclusion de toute sculpture humaine ». Article de H.D. Debailleux: «Tentative sympathique mais expo fripée... », Libération 2 juillet 1984. Exposition au Couvent des Cordeliers et au Musée de Châteauroux, juillet-août 1984. 42. Projet daté du 24 novembre 1984. 43. Tels ceux que G. Bignolais écrivit pour la revue Manifeste. Créée en février 1985, dirigée par G. Bignolais et R. Perrot avec Evelyne Artaud, puis Michel Dupré, cette revue sur les arts plastiques et défendant la tendance figurative prit fin en mai 1986, après 10 numéros. 44. Tels ceux que G. Bignolais écrivit pour la revue Manifeste. Créée en février 1985, dirigée par G. Bignolais et R. Perrot avec Evelyne Artaud, puis Michel Dupré, cette revue sur les arts plastiques et défendant la tendance figurative prit fin en mai 1986, après 10 numéros. 45. « 50/100: le jeu des ans., à l'initiative d'Edouard Trémeau et de l'Union des Arts Plastiques Nord-Pas-de-Calais. Palais Rihour à Lille, juin 1986. 46. Réticences du gérant des lieux, menaces de ne plus rien exposer. Regroupement à l'initiative de Francis Parent, « L'Art témoin ou acteur dans la société », novembre-décembre 1986. Article de R. Perrot, Révolution n° 352. 47. Participants: Bignolais, Sautrec, Zlotykamien, organisateurs: ACID, C. Leguay, J. Lacheny. Château de Saint-Amand en Puisaye, juillet-septembre 1986. Cf. articles de C. Sautier, J.-G. Gantois, J.M. Villalta... |