Qu'est-ce que la sculpture ?


Une ou deux dizaines de sculpteurs suffisent en France aujourd'hui pour remplir les musées et les banques, mais le peuple sculpteur est là, poussant et trimant, portant et trouant, accumulant et triturant, riant, ahanant, gesticulant, pleurant, mourant, renaissant, surmontant le prix des matières, encombrant les chambres qui ne sont pas ateliers...

Il doit alors y avoir du désespoir chez nos décideurs patentés, de l'horreur devant l'étendue de cette création toujours recommencée, de la fuite devant l'évidente existence des êtres et des oeuvres, de la colère devant l'impuissance à voir, à comprendre, à aider, à payer, à estimer, a jouir...
Du fond des années 60 bat le tambour d'un sculpteur, et sa rage à frapper les plaques de métal n'a d'égale que celle des peintres projetant leurs images révélatrices, celle des cinéastes hachant et malmenant les icônes du pouvoir imbécile, celle des musiciens éructant leurs rythmes pour couvrir les voix minables des radios et des télés. Et ce battement du désaccord, ce tam-tam des jungles de la province et de la banlieue, ce grondement des artistes fauves rodant autour de la forteresse sélective, ce battement des groupes se formant et se reformant, confirment l'exaspération du travailleur collectif.
Et Gérard Bignolais, du cuivre repoussé, fait naître les repoussantes figures de l'enfance maltraitée, de l'affection maternelle avortée, de l'adolescence sexuelle ratée. « 11 faut donc choisir d'être dur par amour du lointain, par amour de l'avenir dont on est responsable devant l'univers », ainsi le sculpteur-écrivain André Chabot remarque le lien entre la percussion du dur métal et l'écoute soudaine du monde, dans ce qu'il appelle déjà en 1975 la « Saga des Temps à Venir » (1)
De cette frappe lancinante d'une peau résistante quelque chose en effet a germé à la rencontre de la conscience et de l'inconscient: mes objets seront moulés sur les barrages et les méconnaissances, les fausses valeurs et les dédains. J'outragerai les formes dedans-dehors, j'outrepasserai les droits réduits de l'artiste en société. Tambour de la volonté, choquements du coeur.
On me rentre ma voix dans mon corps, mais le métal dira, amplifiera en porte-voix ce que je ne dois (nœuds-doigts) dire.

La voie de Bignolais, celle du banni commun, est de rentrer au pays interdit, de revenir sur le terrain du meurtre de la « personne ». Et dans cette période fracassante les petites figures vont s'évaser. Des portraits grimaçants Gérard Bignolais passe aux grands corps allongés, les Gisants, et le cuivre s'étale et le gong scande la multitude, et les prénoms des oubliés résonnent et sont frappés en pleines lettres tout autour du gisant « anti-Adam, riche de tous les sangs »:
Frappe pour entrer.

Des figures plâtrées redoublent les faces de métal:

les cuivres repoussés sont appliqués sur le plâtre moulant. Echange de poids et de peau, les corps sombre rouge d'airain deviennent pâles, vidés de sang, blancs de la mort, mais avec dessus des signes peints. Puis les corps blancs sont redressés en stèles appuyées verticalement. Bignolais multiplie un moulage pour en faire un lieu envoûtant, une pièce habitée, prélude aux environnements futurs. Des dalles courent au sol, elles aussi moulées sur des reliefs de cuivre, sol d'où émergent différents ossements.

Et du plâtre le sculpteur passe à la pierre moulée. Remarquez combien le ciseau du sculpteur est retenu en haleine, interprété à distance quand on passe du métal repoussé (et il en faut des instruments percutants et contondants pour former quelques traces dans cette matière cinglante !) au plâtre, puis à la pierre autre signal de la sculpture classique...
Les origines sont multiples, on ne vient pas d'un seul point, le battement du tambour d'angoisse trace la syncope, la discontinuité des matériaux mentaux nécessaires pour une œuvre. Et le devenir est complexe, voyez comme de cette technique, le cuivre, surgit la symphonie des instruments disponibles: creux et pleins, évidement et remplissage, empreinte et moulage, stèles verticales et dalles horizontales, pièce unique et imbrication de pièces démultipliées...

For-ça, for-je, for-me, for-te, dam-né, da-me, da-te, da-les, les coups sont frappés, les coups s'entendent, les goûts s'étendent, et le battement n'aura plus de cesse.
Déjà 1976. L'occupation des lieux d'exposition s'élargit. Entrée de Gérard Bignolais au Salon des Indépendants, au Salon de Mai, au Salon de la Jeune Peinture...

Des traces de talons, des pas entiers—si ce n'est des chaussures entières en pierre—accompagnent les ossements moulés disposés en plaques au sol (Esplanade de la Défense, Espace Cardin...): dalles témoins de l'existence des morts retournés à coup de bulldozers par la spéculation immobilière.

Jamais Gérard Bignolais n'apparaîtra plus tourné vers les séminateurs de notre histoire, les ancêtres oubliés diffus dans notre banal humus.

Et pourtant c'est un fameux vivant, Franco, usurpateur de la nation espagnole, dont l'agonie prolongéeselon l'immortalité autocratique révulse toute l'Europe, qui va donner naissance a une nouvelle stratégie sculpturale.

Elles sont venues s'encastrer dans un Salon fait de collectifs engagés, la Jeune Peinture, et par un collectif justement intitulé Civilisation Exister, (2) cette œuvre et cette méthode de relèvement d'un terrain autrement labouré et planté: espace des horreurs verticales enfouies telles la mort et la dictature, mais espace horizontal de discours avec des termes divers: plante verte et cercueil, matériel clinique et voix enregistrées à la radio. C'est le disjoint qui entre en scène, le fragmentaire et l'hétérogène, le différent et les différends que l'on accumule avec cette société de misères.

Aussi l'étal de boucherie qui succède à la Mort de Franco, pour ce même Salon de la Jeune Peinture, en 1977, mettra en valeur la dégradation de notre intégrité sous le titre Arc de Triomphe, morceaux de viande humaine étiquetés pour la gloire d'un Empire caduque: Marengo 18 000 morts, Bérésina 65 000 morts... arbitraire ici guerrier, bientôt arbitraire des lois et des structures sociales. La Mort de Franco est bien l'étalon de cet étal et des environnements qui désormais jalonneront la carrière du sculpteur. Qu'on se garde de voir dans les disruptions agressives de notre art, les articulations du fragmentaire et du vide, les montages de sens et les additions de matière, une «décadence» culturelle ! ( 3 )

Les gifles aux institutionnels du conformisme esthétique, les insultes aux normalisateurs de la marchandise artistique, ne sont pas seulement les fruits de la révolte compréhensible du peuple artiste, elles sortent du travail et de la découverte de pratiques plus adaptées au réel.
Saisissons dans toute son ampleur la pratique dialectique qui institue un sens collectif à partir d'espèces séparées. La révolution est dans l'art quand l'art assume les coupures plutôt que de subir sa définition comme suite de « cassures révolutionnaires ». Et le but de l'art c'est l'homme. Aujourd'hui homme disjoint, aliéné, composite, tronqué, défait, démoli, battu, censuré...

« Cuivre repoussé, empreintes au plâtre de cuivre repoussés, modelages d'après corps humain, montages d'objets préfabriqués, photographies de montages, de moulages et de cuivres », note le linguiste Mondher Ben Milad en déclinant la diversité du travail du sculpteur, ces aspects techniques sont autant des angles d'attaque de la problématique de la mort, de la déchéance et de la misère humaine, qu'un inventaire des outils artistiques pour dessiner l'insaisissable,

« un corpus valable pour tâtonner déjà à la recherche de ce qui peut en arts plastiques prétendre à un statut sémiologique ». (4) Corps révélateur de la condition humaine, corpus révélant de l'art. Mais les morceaux, ces parenthèses de nos présences, ces empreintes en creux de notre respiration qui s'imprime jusque dans l'ouverture des pores de notre peau, jusqu'aux bourrelets musculaires de nos chevilles et adipeux de nos fesses, ces marques des pulsions intimes et des gnons sociaux, qu'est-ce qui va les réunir ?

La « boucherie napoléonienne » (5) n'aura donc jamais de fin ?

Aux envolées idéologiques des membres d'une Jeune Peinture exaltée, aux réunions et débats et manifestes des collectifs constitués et changeants, aux actions revendicatrices d'artistes entraînés enfin à penser le dérisoire statut qu'on leur fait en même temps que l'exploitation la plus éhontée, répondent en ces années farouches 70-80 les décisions les plus rétrogrades de pouvoirs affolés, de petits-chefs déboussolés dans leur goût bourgeois.La vie de Bignolais témoigne alors des luttes complexes et virulentes qu'on retrouverait en d'autres biographies d'artistes et jusque dans le détail des œuvres si on adoptait enfin les critères de lecture objective de l'art.

1978, Arc de Triomphe et Mort de Franco sont éjectées de la Galerie Ventadour (6).

1979, le gisant féminin au sein cancéreux est retiré au regard public sous prétexte de pornographie au Salon de la Jeune Sculpture (7) ; Jacques Guillot animateur du Centre Culturel de Villeparisis supprime de son programme l'exposition Bignolais prévue; la Galerie Orly-Sud cache frileusement en un lieu peu fréquenté les œuvres du groupe Dissection auquel participe notre sculpteur (9)

1980, au Salon Formes Humaines le scandale éclate sur le prétexte du moulage: I'honoré académicien Louis Leygue reproche à Gérard Bignolais, la confusion entre un antique brisé et un corps réellement mutilé (10)

sans se douter qu'il donne ainsi la preuve par neuf d'un art évocateur de la souffrance à partir du signe de la mutilation ! Retour(s) du refoulé, à interpréter les sens comme s'ils étaient le réel l'Esthétique classique perd sa bataille. Et vous, Monsieur LouisLeygue domicilié rue du Docteur Blanche, « vous êtes pourtant l'auteur d'un monument au Prisonnier politique inconnu ? A qui vous adressiez-vous ? » ".
Des confusions il y en eut, il y en aura concernant l'art de ces réalistes jamais disparus, toujours revenant sur les lieux du crime d'Etat, du crime social de ségrégation, de dissimulation, de distinction honorifique et de dispersion des forces. Le ton épique ne suffit pas à accompagner les heurts et bonheurs de leur expression agressive,(11) il faut aussi la patience de l'historien pour ne pas divaguer sur le singulier et pour retrouver dans les mêmes pas d'autres exclus; il faut de la confrontation et de la confiance pour comprendre les formes irrecevables. Artiste, « né au seuil de la guerre, grandi en son hiver, enfant à qui l'enfance fut refusée, I'artiste crée pour dominer le désarroi , certes ! (12)

Mais, « dépossédés des idées reçues sur un art heureux, nous accaparons le discours de l'art, remarquons par quelle nouvelle articulation. Usage de la coupure... nous retrouvons la faculté combinatoire »


Les Victimes civiles, gisants tronqués qui en 1978 succèdent aux ossements moulés et aux fragments de la boucherie napoléonienne, vont épandre leur « paroles », si mal reçue parfois, diversifiée en tout cas si l'on se réfère aux lieux explorés: toujours les Salons—dont certains nouveaux: Figuration Critique, Ecritures, Salon Eclaté..., mais aussi la Galerie de l'Université Paris-Sculpt qui montre un ensemble de travaux en pierre (13), les centres culturels de Montreuil, Salaumine, Lillers, Sarcelles, s'ouvrant à des regroupements collectifs sous les vocables clairs de «réalismes et imageries» , «figures du réel»..., et déjà un lieu désaffecté—comme il s'en trouvera plusieurs dans les années qui suivent — les abattoirs de Vaugirard (14). Ici l'écrivain épique attentif au destin de son personnage, et l'historiographe fidèle à la datation des poussées sociales, devraient être accompagnés d'un scientifique des formalisations pour ne rien manquer de l'aspect proliférant de l'œuvre. Prolifération due sans aucun.doute aux accords et résonances que Bignolais trouve à ce moment dans les groupes d'artistes. Le projet Camping-casse atteste que les membres du groupe Dissection peuvent arriver à une maquette précise de leur désir d'une « pratique sociale réellement signifiante », leurs objets s'enchaînant de façon terrible et critique sur le lieu supposé d'un camping idyllique, selon la visée de « retourner les termes d'une problématique idéaliste ancrée dans la sublime illusion esthétique » (15). Projet effrayant et inacceptable aux yeux des animateurs culturels pressentis, mais dont l'esprit se retrouve dans le Monument au téléspectateur inconnu (16)qui, lui, se dressera en plein Salon(s) Ecritures - Figuration Critique. Suite de niches funéraires (enfeux) dont l'ouverture évoque la lucarne d'un poste de télévision, remplies des dénégations de l'utilisateur hypnotisé: maladie, mort, misère, folie...

Esprit sciant et décapant, affolant, qui pour ce « monument» inversé (« C'est le statut tragique et la posture singulière de ce sujet fantôme... ») autorise une lecture aussi incisive que lorsque Gérard Bignolais enferme des poulets plumés tués et un revolver dans des cages grillagées, évoquant ainsi le « suicide » de la bande à Baader dans les prisons allemandes (17);

quand Gérard Bignolais expose « un lot (vendu au plus offrant, désinfecté) de chaussures et mallettes diverses ayant appartenu à des personnes décédées à l'hôpital et dont les frais de séjour n'ont pas été acquittés » (18)

quand Bignolais illustre avec Michel Giroux l'absurdité des Présidentielles 81 («Ne pas élire mais lire d'abord »); (19)

quand Bignolais présente en avant d'un vaste tableau peint collectivement (une réunion politique tenue dans un appartement) la sculpture d'une femme nue alitée estropiée se masturbant (20) . Laquelle sculpture sera elle-même agressée, bâillonnée, bras cassé, mégots fichés dans le sexe, comme s'il n'en était jamais fini de ce va-et-vient entre la vérité vue et le refus de voir la vérité.
Voilà les années 79-80-81 trop rapidement évoquées au fil des coups et contre-coups esthétiques et politiques qui précipitent les positions critiques et les courages fabricateurs de notre sculpteur et d'autres artistes l'entourant.

Mais il a été encore moins dit de l'évolution de la technique proprement sculpturale. Le passage des objets en plâtre, moulés sur les cuivres repoussés, aux objets de pierre recomposée, pris sur des corps vrais, confirme une opiniâtreté du créateur prévoyant plus solide, plus dense, et finalement plus près d'une perception de « I'autre » comme corps opaque, difficile à percer pour ce qu'il contient de mouvements intimes, de replis mémoriels, de jouissances secrètes, de non-dits créatifs... Or le déploiement de l'idée vers des arrangements spaciaux étranges, faits de lits d'hôpitaux et de valises abandonnées, chaussures désertées, seaux hygiéniques, forceps, télés, grillages, tubes, et bientôt de caisses de bois, annuaires téléphoniques, couveuse artificielle, trouve son parallélisme dans un regard de plus en plus focalisé sur le corps humain, sur les masses musculaires, sur les articulations, sur le visage, sur la peau. Comme si, de l'espace, il s'en découvrait aussi sur la surface polystructurée de l'humain, peau historiée par les contraintes et les désirs.

« Je propose mon travail comme un repérage du réel, ou encore comme un repérage qui veut donner accès à une certaine réalité », déclare Gérard Bignolais au débat Le Réalisme en art qui a lieu au Salon de la Jeune Peinture en 1981, (21) ajoutant qu'une sculpture doit se lire « comme une peinture ou un document », ni œuvre totale sans fractures ni volume compact sans niveaux différents de sens .
Alors il n'y a pas de correspondance directe entre le moulage d'un corps—fut-il réalisé avec le plâtre le plus fin ou des alginates et élastomères pour ne rien perdre des caractéristiques dermiques et musculaires— et la prise d'empreinte qui capte le corps au point informatif où il en est, et l'interprète dans un projet, un processus de projets en transformation. « 11 ne faut pas s'y tromper... il s'agit d'ailleurs plus de moulages retravaillés et généralement en situations environnementales que de "sculpture" », s'étonne le critique Francis Parent ; (22) tandis que le journaliste B. Mathieu insiste le premier sur l'existence des modèles, ces « candidats au suaire »

« Pas mal de gens sont suffisamment narcissiques pour adorer se faire manipuler au cours d'une séance à laquelle assistent, fascinés, certains de leurs proches, d'autres sont tentés par une exploration originale de leur corps, certains, enfin, tentent d'exorciser leur angoisse de la mort ». Si, « dans l'énorme majorité des cas, ce simulacre d'ensevelissement est source de jouissance profonde », d'autres sont pris d'angoisse et « sous la pression de l'émotion, ils envisagent parfois de faire exploser le moule » . (23)

Un modèle raconte: «et puis le plâtre chaud coulant sur mes jambes, mon sexe, sur mon corps, je tremblais ne sachant plus si cela était agréable ou terrifiant... Etait-ce cette dépendance que je cherchais ?» . (24)
Tambour d'angoisse qui remonte loin nous l'avons entendu, staccato du sang du sexe des poumons, sous l'ensevelissement le modèle ressent l'inseul. Accord tendu du modèle ? ce que cherche le sculpteur c'est l'image du seul, seuil générateur de traces plis marques frémissements affaissements que son matériau a des affinités de saisir.

Et maintenant le film va tenter d'envelopper, de surplomber la théorie du plâtre dedans-dehors, de montrer comment le modèle et le sculpteur s'affairent de part et d'autre de l'empreinte (tandis que, un an plus tard, c'est au fond de la mère que le témoin, I'enfant à naître, se loge, à la Clinique des Eaux Claires de Grenoble). Film d'un groupe de peintres cinéastes amateurs de réalisme, Derivery-Dupré-Perrot; et puis film et sonorisation d'un second groupe, Michel Blitz-Jean-Noël Aude, extravasant le volume de l'atelier jusqu'à la rue commerçante, jusqu'aux jardins des Tuileries (25) où Bignolais expose impromptu pour frapper les esprits sur la difficulté d'exposer.
Dans cette stratégie de marquage des contingences diverses et superposées autour d'un corps fermé l'œuvre, le terme environnements se distingue bien maintenant du terme lieux de monstration, de même que sont convoquées aux Tuileries les espèces différentes des plasticiens (pour opposer « une bonne résistance intellectuelle » en cas d'agression policière) et des amateurs espérés (on peut tout espérer de 1'« accueil d'un public non prévenu »).
1982 ouvrent vers la prospection de lieux bizarres:
le domicile particulier du docteur Alain Jean Reichardt à Antony (« les installations dans le jardin intégraient les risques d'intempéries; dans la piscine il y avait des immersions; ... dans le salon, quelques travaux seulement aux abords des baies vitrées . Le docteur annulera cette installation) (26); une fabrique désaffectée d'enveloppes et d'emballages de carton dans le 20e arrondissement, I'usine Pali-Kao (le ministre de la Culture Jack Lang et l'inspecteur général à la Création Michel Troche viendront se baigner dans cet environnement tout de noirceur et d'éclats cruels) (27).
1983, le rythme se précipite, les intitulés d'exposition prennent position, « Représentation du corps, une pratique: le Moulage en sculpture » à Créteil (24), « Qui a tué la sculpture ? » à Fontenay-sous-Bois (28);

et Marc Delouze, poète, voit dans les corps de Bignolais «matière à déli-re / je cherche l'officiant de cet étrange mobilier du corps cherchant» ; et Evelyne Artaud, philosophe, repère que «quelque chose échappe à notre pouvoir et au travail du regard unificateur de la raison qui ne reconnaît plus ici la continuité et la transparence de l'acte de connaissance» (24). Tandis que la Galerie Charley Chevalier accueille une accumulation d'annuaires téléphoniques parmi lesquels les membres du groupe BCG, avatar de Dissection, intercalent leurs objets « prenant en charge l'ensemble des déterminations réglant notre économie libidinale, à commencer par l'espace et le temps socialisés », Michel Giroux (29). Tandis que la Galerie Plume-Pinceau montre un corps avec poitrine féminine et pénis masculin .«Gérard Bignolais poursuit ses études pour une chimère socialiste... La coupure devient caresse», Raymond Perrot (30)...Pourtant la vague vient buter contre d'autres réalités. La folle équipée à Grenoble, avec les prises d'empreinte sur des femmes prêtes à accoucher («non pour faire une copie mais pour établir une relation avec I'être vivant, un dialogue, un échange» (31), doit préciser le sculpteur), ne se termine pas sans heurts (il faut cacher ce Malade en perfusion que certains médecins ne veulent voir) ni sans atteinte physique pour Gérard Bignolais (semi-paralysie des poignets et des mains). Et 1'«engagement budgétaire» s'effondrera, qui sur un autre projet devait «donner une dimension nouvelle à l'art dramatique» à partir d'un roman de Pierre Bourgeade, New York Party; les sculpteurs de BCG, entre autres metteurs en scène, avaient œuvré pour rien.(32)
C'est l'époque où les espoirs, montés en 1981 avec un mouvement populaire et unitaire, commencent à se déliter par faute de grandes réformes économiques et par défaut de structures démocratiques en tous les domaines. Et les artistes regroupés au moment des Etats Généraux des arts plastiquais fin 81, vaste collectif où Gérard Bignolais jouera un rôle prépondérant, recommencent à se diviser selon les étroits chemins voulus par la Délégation aux Arts Plastiques, dans la pire tradition droitière: ici les vedettes couvertes d'argent et promues internationalement, là la valetaille soumise au pressurage fiscal et au silence médiatique. Quelques bastions résistent, comme cette ville d'Aubervilliers où Geneviève Benamou ouvre à la sculpture un bâtiment promis à la destruction, le Lavoir de la Goutte d'Or, en reposant le questionnement des œuvres d'art confrontées aux mutations technologiques: « Qu'est-ce, en effet, que le réalisme de ces œuvres ? Comment interpréter le traitement lisse des corps moulés de Gérard Bignolais, le sectionnement d'un membre, I'angle de ce sectionnement ? » (34). Le Couple (couché), la Femme enceinte, I'Homme à la perfusion (tous deux assis), semblent orienter une nouvelle vision du sculpteur vers la réalité de l'homme tel quel. C'est le dire ici en prenant assurance sur les œuvres qui vont suivre, notamment la série ouverte par les femmes enceintes, il est cependant visible que des mutilations, des malformations, n'interviennent plus sur certains corps.

En même temps se précisent les déclarations qui font entrer le moulage dans une théorie du sculpteur se rapprochant des êtres et des choses pour les faire participer à l'objet créé. L' inanimé des valises et chaussures, des lits d'hôpitaux et des caisses en forme de sièges, de la pièce ou du local plus vaste, garde des empreintes de l'homme qui doivent revenir vers la sculpture tandis que, aussi subtilement, sera recueilli à fleur de corps le frémissement des désirs et des répulsions, de la dilatation orgasmique ou de la rétraction sous l'oppression. « Mon ambition est de mettre à jour les désirs du modèle » , mais ce n'est pas sans qu'apparaisse l'autre désir, celui du manipulateur de chairs; « J'ai besoin d'une attirance pour le corps de la personne avec qui je vais travailler » répond Gérard Bignolais quand, à la Consultation de gérontologie Sainte-Périne, on s'étonne d'une sculpture représentant une vieille femme. (35)

Et voici de nouveaux acteurs qui pénètrent dans le champ de la création: le spectateur fondateur à part entière de l'esthétique de la sculpture, « c'est le regardeur et son corps entier, pétri de la mémoire des affects et des sensations, qui avance vers l'œuvre et veut la traverser » (36), et... Ie modèle ! Le sculpteur mettrait-il sa propre chair en jeu dans l'acte de création s'il ne conviait pas celle de l'autre à y entrer ? « On comprend qu'à partir d'un tel parti pris (...) des voies de recherche s'ouvrent et puissent conduire jusqu'à des remises en cause de la "place" du sculpteur. Par exemple: qui est sculpté dans le rapport plasticien-modèle ? » (37)
Et tandis que censures des animateurs de « Figure-figures » à la Gare de I'Est (38), protestations des élus municipaux à la manifestation « 92 du 92 » de Boulogne-Billancourt (39), déprédations des spectateurs à « Plages-Espace de création »(40), incompréhensions de la critique pour « Sculpture en France » à Châteauroux , s'additionnent et confirment à contrario le bien-fondé de la théorie de l'espace idéologique dans lequel l'art a à déployer ses sens, Gérard Bignolais tente de dépasser les cadres permis (41).

Il explore alors l'univers du monument historique sur un projet de Mémoire de la Résistance-Déportation (trois personnages en bronze sur un bloc de béton brut: un homme mutilé couché, un homme ou une femme faisant effort pour se lever, une jeune femme enceinte assise) (42).Ou disperse les figures dans un air traversé de filins ou d'échafaudages: I'homme à la perfusion et le Pendu verticalement à 6 mètres 1'un de l'autre, quand la revue Plages déplace son « Espace de création » aux Beaux-arts de Paris en juin 83; corps sur les toits à la Maladrerie, quand les artistes des ateliers d'Aubervilliers s'exposent en « Banlieus'arts » en mai 85; ou le Pendu et Marie suspendus dans les communs du Château de Nointel, quand le Prince Murat associe notre sculpteur et le peintre Jean Rustin, pour « leur sens de la fragilité de notre condition écartelée » en mars-mai 1985 (43). Ecartèlement de l'écriture possible: épique, historique, poétique, narrative transversale, scientifique, automatique, épistémologique... Ecriture et sculptureont-elles des ressemblances dans leur manière d'aborder leur objet ? Ecartèlement de la sculpture: matières, sculpteur, dedans, dehors, modèles, espace, spectateurs... L'écriture et la sculpture peuvent se rejoindre: préface, critique, article de journal (textes aussi balançant entre journalisme et théorie (44), lettres, commentaires sur un livre d'or... et titre de l'œuvre. Une femme sculptée enceinte lovée prend le titre Le Bai baiser de Rodin quand elle rejoint d'autres œuvres à Lille sur le thème de 50 ans ou 100 ans en arrière (45). Quels titres vont-elles prendre dans leur passage au cœur d'une imprimerie en activité, Autographe, ces sculptures dont personne ne semble vouloir mais que personne ne peut pas ne pas voir ?
Si la Mort de Franco fait encore question quand elle est présentée au milieu d'œuvres engagées dans un espace consacré à l'activité syndicaliste, la CFDT à Paris (46), si les Salons ne font que tolérer la sculpture de Gérard Bignolais en s'opposant à toute installation envahissante et trop signifiante, en quoi l'artiste se sentirait-il tenu de respecter des valeurs artistiques caduques elles-mêmes reflets d'une crise définitive de l'économie capitaliste ?

Le tambour révolté ne cesse de battre, le sang de l'art bouillonne, les œuvres surgissent exemplaires d'humanité implacable et leur sens balayent le champ entier des attentes.
Nulle surprise quand on parcourt le livre d'or d'une récente exposition à Saint-Amand en Puisaye (47) , ces phrases enthousiastes ou désolées recueillent à leur manière les termes d'une esthétique en voie de constitution:

« Le cri toujours sait préserver l'empreinte humaine »,

« Les sculptures touchent, révulsent, dérangent »,

« Morbides. La vie est déjà si triste »,

« A interdire aux moins de 13 ans » (signé: un pédiatre),

« C'est con qu'il n'y ait pas de bites qui bandent »,

« Cela est torrible », « On dirait qu'elles vont s'animer »,

« L'hôpital pue la charogne »,

« La psychiatrie ça existe »,

« Dans les malades y a un problème: elle a un zizi et des seins » ...

Raymond Perrot,

membre de l'A.I.C.A
Paris, décembre 1986

photographies de Gérard Bignolais.

Sommaire textes

NOTES

1. Plaquette sortie à l'occasion de l'exposition Bignolais à la Galerie Vercamer, Paris 6e. Août 1975.

2. Collectif composé de Bellorget Bezanc,on, Bignolais, Chabot, Darmon, Dauty, Leray, Ouchacoff. Musée du Luxembourg, avril-mai, 1976.

3. Ce problème du discontinu interprété par la critique classique comme une décadence, sinon une disparition de l'art, est longuement évoqué dans « Le Salon de la Jeune Peinture, une histoire 1950-1983 », Francis Parent Raymond Perrot, 1983.

4. Cahiers de la Peinture, n¡ 59 novembre 1977, ˆ propos de 1'exposition G. Bignolais ˆ l'Espace 31, MJC d'lssy-les-Moulineaux.

5. « Arc de Triomphe » ou la Boucherie Napoléonienne participation au Collectif Civilisation-Exister, sur le thème des « Champs-Elysées »: Bellorget, Bezançon Chabot, Clément, Darmon, Dauty. Salon de la Jeune Peinture 1977, Musée du Luxembourg.

6. Cf. Pierre Benoît, « La mort de Franco dans un couloir de Paris » Libération 4-5 février 1978. Raymond Perrot, « Incontournable travail », Cahiers de la Peinture n° 64 février 1978.

7. Cf. « Censure au Salon de la Jeune Sculpture », J.-L. M., L'Humanité, 7 juin 1979. « Salon de la Jeune Sculpture », J.H., Télérama, 20 juin 1979. « Déplacée par suite de plaintes », France-Soir 8 juin 1979. « Vandalisme à l'Espace Cardin », Cahiers de la Peinture n° 89.

8. Lettre du 4 juin 1979 de G. Bignolais à Jacques Guillot. Lettre du 6 juillet 1979, après annulation « téléphonique » du projet: « Les valets de l'idéologie capitaliste, cette engeance incapable de lutter contre le chômage et contre toute forme de misères sociales et individuelles, ne bâclent pas leurs affrontements; ou alors, leur machinerie s'affole et ils censurent grossièrement. »

9. Cf. Lettre de Jacques Berthaut, responsable artistique de la Galerie Orly-Sud, en soutien au Groupe Dissection: « 11 est risqué, parfois d'apprendre sa maladie au malade. » Le Groupe était composé de: Bignolais, Carré, Céhes, Chabot, Clément, Giroux, Liesse, Merklen. Catalogue avec un manifeste daté de février 1979.

10. Cf. Lettre de Louis Leygue à G. Bignolais, 19 mars 1980: « Je vous en veux, Monsieur, non par jalousie de vos capacités de mouleur, mais parce que vous me forcez à prendre la position du Père noble (...) Avoir préféré l'astuce à la vraie difficulté, c'est prendre toutes les apparences du fraudeur toujours si sympathique... »

11. Réponse de G. Bignolais: « Vous n'empêcherez pas un homme d'être couché dans un lit (le fénéant!), mutilé des membres inférieurs (le pauvre !), avec un sexe comme ça (le salaud) et des bouteilles vides cachées sous son matelas (I'ivrogne!), et d'être prompt, tout comme moi, à vous faire un bras d'honneur. » Lettre du 21 juillet 1980.

12. Bulletin du Club Français de la médaille, publication de l'Hôtel des Monnaies, Paris: « Les forges d'un enfer mythologique rougeoient dans l'œuvre de Gérard Bignolais, dont l'incandescence et l'envoûtement sont dédiées à la chair, maudite dans sa fleur... » Article non signé

13. Cf. « Ballade de la double articulation », R. Perrot, Catalogue de l'exposition G. Bignolais à la Galerie de l'Université Paris-Sculpt, Paris, janvier 1980. Articles de Libération, « Hôpital Silence », 23 janvier 1980; Evelyne Artaud dans Jardin des Arts, février 1980; Cahiers de la Peinture n° 96, janvier 1980.

14. Jean-Jacques Lévêque mentionne, dans un article à propos de l'installation du Salon de la Jeune Sculpture sur l'ancien site de la Halle aux Vins de Bercy: « (les artistes) ont planté des œuvres qui, souvent, ne sont que l'appropriation de certains éléments du sol, détournés à des fins artistiques. Version française de ce que l'on a baptisé le "land art"... » Le Quotidien du médecin, n° 2207, juin 1980

15. Projet daté de novembre 1979, auquel ont participé les membres du groupe Dissection, Bignolais, Carré, Céhès, Chabot, Clément, Giroux, Liesse.

16. Cf. Catalogue Figuration-Critique 1980, Groupe Dissection. Juin-juillet 1980, rue du Louvre. Article de Jim Palette, Libération.

17. Salon de la Jeune Peinture 1978, Patinoire des Champs-Elysées: Collectif « 1968-1978: dix ans après ».

18. Salon de la Jeune Peinture 1980, rue du Louvre.

19. Salon de la Jeune Peinture 1981, rue du Louvre. Collectif Bignolais-Giroux: « La République vous appelle ».

20. Salon Jeune Peinture 1981. Peinture collective de: Bailly, Derivery, Dupré, Ferreira-Rocha, Perrot, Riedl.

21. Débat à l'initiative de Concha Benedito, Bailly, Bignolais, DDP (Derivery, Dupré, Perrot). Interventions de G. Bignolais, pp. 7 et 37. Publication du Salon de la Jeune Peinture, mai 1981.

22. Texte de présentation de Francis Parent pour les sculptures de G. Bignolais présentées à la 13e Biennale Internationale de Sculpture de Padoue, Italie.

23. Article publié dans la revue espagnole Actualité 1983.

24. Cf. Catalogue de « Une pratique: le moulage en sculpture », janvier-mars 1983, Maison des Arts André Malraux à Créteil, p.51, témoignage signé Dany Robert. Sculptures de Adzak, Bignolais, Boujon, César, Clément, Coppens, De Andréa, Giroux, Hanson, Kmentova, Knight, Krasno, Kudo, Malaval, Poynter, Segal, Szapocznikow, Van Leeuwen.

25. Intervention réalisée le 27 juin 1982.

26. Cf. carton d'invitation annonçant l'exposition pour la date du 23 au 31 octobre 1982, et portant en rouge la mention « Attention, exposition finalement annulée... » Texte de Evelyne Artaud: « Un lieu n'est jamais neutre et produit sens pour qui l'art n'est pas de démonstration mais de questionnement. »

27. « Suicides », dans le cadre de « Connection », programmation de diverses interventions de musique, danse, audiovisuel, installation de sculptures. Principaux responsables des lieux: Christine Caquot, Daniel Marque... Avril 1982.

28. 7e Salon de la sculpture de Fontenay-sous-Bois, mai-juin 1983 organisateur Michel Morange dans l'ancienne Usine des Parapluies vouée à la destruction. Participants: le Groupe BCG, Bignolais, Blondeau, Chabot, Clément Sigrid Feller-Steinhauer, Ghez, Giroux, Gutierrez, Kausch, Pokorny, Rivière, Santus. Livre édité à cette occasion: « Matière à dé-lire » de Marc Delouze, éd. Messidor-Temps Actuels.

29. Exposition en janvier 1983 participants: Bignolais, Chabot Clément, Giroux. Ce groupe a soudé sa formation en intervenant collectivement dans le n° 19 de la revue Plages, décembre 1982. L'objet revue « s'en trouve profondément bouleversée: gauffrage, poinçonnage, déchirure, masquage, froissage, désarticulation, oblitération, la secouent de fond en comble », G. Bignolais, Manifeste n°4, juillet 1985.

30. Exposition en mars 1983.

31. Cf. « Etonnantes sculptures à la Clinique Mutualiste », signé L.D. Le dauphiné-Libéré n° 12 029, 8 août 1983.

32. Cf. I'article de Pierre Ferey, « New York Party en préparation à Saint-Germain-des-Angles », Paris-Normandie, 15 novembre 1983.

33. Mis en train à partir du 16 mai 1981, ces Etats Généraux des Arts Plastiques eurent lieu à la Maison des Arts de Créteil le 21 novembre 1981. Un « Dossier des EGAP » parut en 1982, reprenant les travaux des différentes commissions.

34. Cf. Catalogue de « (I')Art au Lavoir », exposition en mai-juin 1984, Aubervilliers. Geneviève Bénamou, « Art et espaces d'installation: nouvelles fonctions de l'œuvre ». R. Perrot, « Travail de l'art dans les lieux industriels délaissés ». Participants: Théa Bernard, Bignolais, Clément, Sigrid Feller-Steinhaner, Giroux, Gutierrez, Santus, Yamada, BCG, Le Système des Hasards (Grandeau, Juteau, Prat, Marie Roirant, Rozenbaum).

35. Cf. texte signé de Gérard Bignolais et Marie-Claude Léonard, paru dans Gérontologie et Société, cahiers n° 29. Republié dans la revue Manifeste n° 6, « Art et thérapie » novembre 1985. Intervention à ;a Consultation de Gérontologie de Sainte-Périne, Paris 16e, en mars 1984.

36. Gérard Bignolais, « Sculpture: la mesure du corps », Manifeste n° 10, mai 1986, pp. 18-21.

37. Gérard Bignolais, « Moulage en sculpture », Manifeste n° 8, janvier 1986, pp. 13-14.

38. Le drap recouvrant la « Femme masturbant son pénis masculin », destiné à être soulevé par le public, fut cousu sur ordre du comité d'organisation. Exposition réalisée par l'Association Figures du réel et la SNCF Paris-Est, mai 1984.

39. L'organisatrice, Marilyse de la Morandière, fit front à ces protestations et maintint les œuvres choisies par G. Bignolais. Exposition au Centre Culturel, d'octobre à décembre 1984.

40. Exposition au FIAP, juin 1984. La « Femme avec une bouteille dans le vagin » et des diapositives montrant des bébés morts provoquèrent ces agressions du public.

41. Cf. l'article de Patrice Dubois dans Magazine Hebdo, « Le terme de sculpture serait-il destiné à désigner n'importe quoi ?... que deux sortes de production: des bidules et des moulages, à l'exclusion de toute sculpture humaine ». Article de H.D. Debailleux: «Tentative sympathique mais expo fripée... », Libération 2 juillet 1984. Exposition au Couvent des Cordeliers et au Musée de Châteauroux, juillet-août 1984.

42. Projet daté du 24 novembre 1984.

43. Tels ceux que G. Bignolais écrivit pour la revue Manifeste. Créée en février 1985, dirigée par G. Bignolais et R. Perrot avec Evelyne Artaud, puis Michel Dupré, cette revue sur les arts plastiques et défendant la tendance figurative prit fin en mai 1986, après 10 numéros.

44. Tels ceux que G. Bignolais écrivit pour la revue Manifeste. Créée en février 1985, dirigée par G. Bignolais et R. Perrot avec Evelyne Artaud, puis Michel Dupré, cette revue sur les arts plastiques et défendant la tendance figurative prit fin en mai 1986, après 10 numéros.

45. « 50/100: le jeu des ans., à l'initiative d'Edouard Trémeau et de l'Union des Arts Plastiques Nord-Pas-de-Calais. Palais Rihour à Lille, juin 1986.

46. Réticences du gérant des lieux, menaces de ne plus rien exposer. Regroupement à l'initiative de Francis Parent, « L'Art témoin ou acteur dans la société », novembre-décembre 1986. Article de R. Perrot, Révolution n° 352.

47. Participants: Bignolais, Sautrec, Zlotykamien, organisateurs: ACID, C. Leguay, J. Lacheny. Château de Saint-Amand en Puisaye, juillet-septembre 1986. Cf. articles de C. Sautier, J.-G. Gantois, J.M. Villalta...

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